Notre vie quotidienne dans l'Unité de la banque de réserve tournait vraiment autour d'expérimentations scientifiques sur des spécimens humains. C'était essentiellement à cela que nous étions utilisés en réalité. Ils s'efforçaient de nous maintenir en vie aussi longtemps que possible et certains individus en pleine forme avaient vécus six ou sept ans à l'Unité avant leur don final.
Suède, dans un futur proche. Le taux de natalité est au plus bas, l’état instaure un projet pour la relancer et crée l’Unité. Le concept est simple, toute femme de plus de 50 ans et tout homme de plus de 60 ans, célibataires et sans enfant est intégré dans le programme de sauvegarde des êtres utiles à la société. Ces « superflus » seront cobayes lors d’expériences scientifiques ou se verront retirer les organes nécessaires aux soins destinés à un être considéré comme « utile ».
Dorrit vit seule, mais a un amant, un homme marié qu’elle aime, et qui l'aime "presque" mais cela ne suffit pas. Le jour de son cinquantième anniversaire étant proche, elle va devoir quitter sa maison, abandonner son chien et rejoindre l’Unité. Doritt est maintenant passée dans la catégorie des superflus.
Arrivée là-bas, à son grand étonnement elle constate qu’une véritable cohésion de groupe y règne. Elle s’y fait vite des amis avec lesquels elle partage de nombreux moments agréables. Leur vie entre obligations médicales et loisirs est plus douce que ce qu'elle avait imaginé. Même s’ils ont conscience que leurs jours sont comptés, la plupart d'entre-eux vivent normalement et apprécient la qualité des services qui leurs sont offerts . Mais, tous savent qu’un jour ils devront faire leur don final, celui d’un organe nécessaire à leur vie.
Malgré la surveillance constante qui règne dans les lieux, Dorrit peut vivre une ultime histoire d’amour, de celles qui auraient pu lui éviter d’être une « superflue ».
C’est un très bon roman d’anticipation que j’avais déjà lu il y a deux ans, lorsqu’il faisait partie de la sélection littérature « Prix des lecteurs 2014 des éditions Le Livre de Poche ». Je l’ai proposé comme lecture commune au club de lecture que j’anime, car je trouvais le sujet intéressant :
Quelle est notre place dans ce monde ? En quoi sommes-nous utiles à la société ? S’il passe par la solitude, faut-il renoncer à notre épanouissement personnel et contraint et forcé, être amené à fonder une famille ? Sommes-nous des sous-hommes si nous n’avons pas d’enfant ?
Ninni Holmqvist a réussi à traiter l’expérimentation humaine d’une façon assez douce, évitant une approche gore qui aurait été trop facile. Les sentiments des résidents sont bien analysés et les choix auxquels ils sont confrontés de nature cornélienne. Je me pose encore la question à savoir si oui ou non, j’aurais pris les mêmes décisions que Johanes ou Dorrit.
Un roman qui m’a interpellé et que j’ai beaucoup aimé malgré le fait que je ne suis pas une grande adepte de science-fiction. C’est très probablement parce qu’il est criant de vérité et qu’un jour peut-être, nous en viendrons à de tels agissements, qu’il m’a tant touché.
"L'unité" de Ninni Holmqvist
Paru le 13 novembre 2013 aux éditions "Le Livre de Poche"
ISBN-13: 978-2253164500
336 pages
7.10€
L'auteur :
Ninni Holmqvist est née en 1958 et vit en Suède.
Auteur de nouvelles et aussi traductrice, "L’Unité" est son premier roman (déjà traduit en anglais). Elle y aborde les sujets fondamentaux tels l’amour, la liberté, le sacrifice et la contribution de chaque individu dans une société standardisée où le "superflu" n’a plus sa place.
Elle a déjà publié 2 romans et 2 recueils de nouvelles depuis 1995.
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La corde de Stefan aus dem Siepen - Que lire ?
Un roman qui ressemble à un conte ce qui m'a beaucoup plu. Un jour, un villageois trouve une corde qui s'enfonce dans la forêt. Hier, elle n'était pas là. Elle semble si longue qu'un groupe ...
http://que-lire.over-blog.com/2014/12/la-corde-de-stefan-aus-dem-siepen.html
