- Quand D. m'a annoncé qu'il avait embauché une fille, j'ai cru qu'il était devenu fou, laissa-t-il tomber finalement.
Je haussai les épaules sans quitter des yeux Dynasty. Elle évoluait bien, ne manifestant aucune douleur.
- J'ai fait ça toute ma vie, monsieur Long.
- Je vois ça. Cela ne me déplaît pas d'avoir tort de temps en temps. ça entretient ma vigilance.
Il y a des romans qui nous font tellement envie, des romans envers lesquels on a tant d’attentes, qu’une fois terminés, même s’ils sont bons, ils nous déçoivent. C’est malheureusement le cas pour le tant encensé « L’aviatrice » de Paula McLain.
Arrêtez-moi si je me trompe, mais quand on ouvre un livre qui s’appelle « L’aviatrice » dont le quatrième de couverture se termine par : « Beryl va peu à peu s’imposer comme l’une des femmes les plus singulières de son temps. Elle sera la première aviatrice à accomplir un vol transatlantique en solitaire d’est en ouest... » je ne sais pas vous, mais moi en tout cas, je m’attendais à ce qu’on y parle d’aviation. Je me voyais déjà vibrer avec l’héroïne aux commandes de son appareil, espérer que son vol en solitaire soit une réussite et se déroule dans de bonnes conditions, comprendre comment fin des années 1920, une femme en Afrique se retrouve à pouvoir relever un tel défi... Alors quand je me rends compte que c’est à la page 418 que Beryl prendra les commandes d'un avion pour la première fois, je me sens légèrement flouée. Sur 452 pages de texte, son exploit à tout juste droit à 1.5 page !
Par contre, là où le roman est bon, c’est dans la description de la vie de Beryl, depuis sa plus tendre enfance, abandonnée par une mère qui retourne en Angleterre, laissant sa fille de quatre ans aux bons soins de son père au Kenya jusqu’à l’âge adulte où elle devra s'en sortir seule. Beryl est une femme de caractère, mariée très jeune, parce qu’elle pense ne pas avoir d'autres choix, elle deviendra la première femme au Kenya à obtenir une licence de dresseur de chevaux. Les bêtes dont elle s’occupent remporteront de nombreuses courses, mais, au Kenya, comme ailleurs à cette époque, une femme doit savoir rester à sa place et ça, ça lui est totalement impossible.
Pour subvenir à ses besoins et concrétiser ses rêves, elle épousera ou deviendra la maîtresse d’hommes qu’elle n’aime pas vraiment, ce qui est dans l’air du temps au sein de la colonie. La plupart des femmes du roman se voient liées à des hommes qu’elles n’aiment pas et courent après d’autres qu’elles aiment. Beryl, elle, est éperdument amoureuse de Denis, un électron libre qui refuse tout engagement officiel.
Ce livre est une romance très aboutie doublée d’un portrait de femme extraordinaire et Paula McLain décrit merveilleusement bien le Kenya et ses paysages somptueux. On s’y croirait.
Seulement, énorme déception pour moi, qui attendais autre chose de ce récit. J’aurais volontiers lu deux cents pages de plus si l’auteur avait développé l’aventure aérienne de Beryl.
Si vous êtes amateur de romances, de destins atypiques et de descriptions sur la nature et en particulier de l’Afrique, ce roman est fait pour vous. Si vous êtes fan de modélisme, passez votre chemin !
L'aviatrice de Paula MCLain
Paru le 1er octobre 2015 aux éditions Presses de la Cité
ISBN-13: 978-2258118492
458 pages
21.00€
L'auteur :
Diplômée en poésie de l'université du Michigan, boursière du prestigieux national Endowment for the Arts, Paula McLain est l'auteur de deux recueils de poèmes, d'un essai et d'un premier roman, A Ticket to Ride, jamais traduit en français.
Elle vit avec ses enfants à Cleveland, dans l'Ohio.
/http%3A%2F%2Fecx.images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F41i2N903PRL._SL160_.jpg)
La route du Cap de Jennifer MC Veigh - Que lire ?
Le pays était hostile, s'accrochait tout juste à la vie, sans prétendre à aucune forme de beauté, il était totalement dénué de romance et pourtant, en dépit de, ou peut être pour toutes c...
http://que-lire.over-blog.com/article-la-route-du-cap-de-jennifer-mc-veigh-124376670.html
