- Dis-moi qu'elle est vivante, et ensuite, je m'en vais.
A cet instant, je ressentis peut-être pour lui une frémissement de sympathie. Apaiser sa douleur atténuerait la mienne, mais il m'avait demandé l'impossible, la seule et unique confirmation que je ne pouvais lui donner. Je lui fournis le détail de la poignée de faits dont je disposais en les martelant un à un comme autant de clous dans un cercueil dont nous n'aurions jamais besoin et qui ne la contiendrait jamais.
Si on avait passé 40 ans de notre vie à tenter de nous reconstruire après la perte de notre fille et de notre petit fils, comment réagirait-on quand ce dernier que l’on croyait mort refait surface ? Dans ce premier roman, Jackie Copleton nous livre une histoire familiale d’une grande beauté dans le Japon des années 30 et 40.
Haine et passion
Amaterasu est une femme presque ans quand un homme défiguré vient sonner à a porte de sa petite maison. Il lui annonce qu’il est son petit fils, celui qu’elle croyait mort avoir été fauché par la bombe nucléaire tombée sur Nagasaki. Le choc passé, elle repense à sa fille Yuko, elle aussi fauchée par les feux de la bombe. C’est le moment pour Amaterasu de lever le voile sur l’histoire de sa famille. Alors, elle se remémore cette période de l’histoire familiale et de l’Histoire du Japon...
Yuko a à peine 16 ans lorsqu’elle rencontre Sato, un vieil ami de son père devenu médecin. Un homme dont elle succombera au charme et tombera profondément amoureuse. Quand ses parents découvrent leur liaison, ils décident de marier la jeune fille le plus vite possible. Sato est marié et cette histoire ne ferait que jeter le déshonneur sur les deux familles. Amaterasu et sa fille se déchirent à ce sujet, mais le Japon est un pays de traditions auxquelles il est difficile de s’échapper. Sur fond de seconde guerre mondiale et d’amour perdu, l’histoire de Yuko et de sa mère se dévoile petit à petit...
La voix des vagues de Jackie Copleton est un livre qui m’a plu dès le premier chapitre. Je pourrais même dire dès le premier paragraphe. Chaque chapitre commence par l’explication d’un mot ou d’une expression japonaise. La première expression, Yasegaman, parle de la fierté des Japonais, avec pour exemple les Samouraïs qui gardaient un cure-dent en bouche pour montrer qu’ils avaient bien mangé même s’ils avaient l’estomac vide. Ces définitions nous en apprennent beaucoup sur les coutumes et traditions japonaises.
Ensuite, il y a l’histoire qui se déroule sur 3 générations. Aujourd’hui aux USA, le Japon des années 40 et le Japon des années 20. Une histoire familiale somme toute banale, mais dont l’arrivée de cet homme ravivant les souvenirs du personnage principal rend presque merveilleuse.
Dans la voix des vagues, j’ai particulièrement apprécié le personnage d’Amaterasu que l’on pense acariâtre avant de découvrir son histoire personnelle. C’est là la force de Jackie Copleton, délivrer par petites touches des morceaux de vie qui éclairent le lecteur sur les raisons de certains choix, de certaines réactions ou encore d’anciennes rancœurs.
Outre l’histoire d’amour entre Yuko et Sato, il y a la description du Japon en période de guerre. Le Japon bombardé, mais aussi le Japon combattant. Certains passages sur les missions des militaires japonais m’ont beaucoup intéressé.
Et puis, il y a tout l’art de vivre à la japonaise qui est mis en valeur. La retenue, la soumission aux ordres, la dignité...
J’ai vraiment beaucoup aimé « La voix des vagues » de Jackie Copleton. C’est un roman que j’ai eu du mal à lâcher. L’écriture est belle, et bien que l’on oscille entre plusieurs périodes de l’histoire, jamais je ne me suis sentie perdue comme ça a déjà été le cas dans certains romans où les allers et retours dans le temps étaient également présents.
Une très belle lecture, plutôt féminine, que je conseille vivement.
Pourquoi cette lecture ?
C'est un roman que j'ai gagné lors de la participation à un concours lancé à l'occasion de la création du club de lecture Les Escales sur Facebook. 10 exemplaires du roman étaient à gagner pour ceux qui souhaitaient intégrer ce groupe et participer aux discussions sur ce roman. J'ai tenté ma chance car le sujet me plaisait beaucoup ( le Japon, Nagasaki et la bombe atomique). Il fallait expliquer pourquoi on était attiré par ce roman et ce que l'on pensait de la couverture.
Voici le message que je leur avais adressé :
Bonjour !
J'ai envie de lire ce livre car j'ai lu plusieurs romans traitant du Japon d'après-guerre et même pendant la guerre. C'est une part de l'histoire du pays qui m'intéresse beaucoup. Pour les exilés comme Amaterasu, s'éloigner ne veut pas forcément dire oublier. Ce rappel à la réalité avec l'arrivée de cet homme doit raviver bien des choses. Peut-on refuser de croire quelqu'un qui est porteur d'espoir mais dont on ne sait rien ? Je n'aurais pas voulu être à sa place. Comme c'est un premier roman, je suis d'autant plus intéressée par cette lecture qui me permettrait de découvrir un nouvel auteur et cette couverture avec les cerisiers en fleur, c'est un peu un signe de renaissance qui va de paire avec l'histoire du roman.
La voix des vagues de Jackie Copleton
Paru le 13 octobre 2016 aux éditions Les Escales
ISBN-13: 978-2365691659
304 pages
21.90€
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Un été au kansai de Romain Slocombe - Que lire ?
A ce propos - et tu sais que je n'apprécie guère la race hébraïque - il me paraît difficile, et sur ce point je finirai par me ranger à ton opinion, de continuer de se voiler la face plus lon...
http://que-lire.over-blog.com/2015/10/un-ete-au-kansai-de-romain-slocombe.html

